| Les biologistes hospitaliers pris entre réforme et restructuration |
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HOSPIMEDIA 02/06/10
"La biologie hospitalière va devoir gérer à la fois la
réforme de la biologie médicale portée par l’ordonnance du 15 janvier 2010, mais
aussi le mouvement de restructuration de l’hôpital public enclenché depuis plusieurs
années et amplifié par la loi HPST. Avec autant de raisons de se réjouir que de
s’inquiéter pour les biologistes et leurs équipes.
Le colloque du 26 mai dernier organisé par la Fédération nationale des syndicats de praticiens
biologistes hospitaliers et hospitalo-universitaires (FNSPBHU) à la salle des actes de la Faculté
de Pharmacie de Paris a offert le double visage d’une profession qui ne sait pas si elle doit se
réjouir ou craindre les bouleversements. Les espoirs et les promesses de la réforme de la
biologie qui commence à peine à se mettre en place semblent d’ores et déjà contrés par les
restructurations touchant la majorité des hôpitaux publics. Les deux premières tables rondes
ont montré combien ces mouvements contraires sont déstabilisants...
(Lire suite...)
Rôle renforcé au sein des équipes de soins
Les biologistes hospitaliers, comme les biologistes libéraux ne peuvent effectivement que se
réjouir de certaines orientations de fond de la réforme de la biologie médicale française, portée
par l’ordonnance du 15 janvier 2010. La principale, le renforcement du rôle des biologistes
dans l’équipe de soins, vient cautériser une blessure profonde de la profession qui souffrait du
manque de reconnaissance de sa dimension médicale. Les biologistes vivaient de plus en plus
mal une situation devenue tout à fait paradoxale. D’un côté, les études montraient depuis
plusieurs années que le progrès de la biologie est au coeur des évolutions de la médecine
moderne, à tel point que 80 % des diagnostics sont aujourd’hui appuyés sur des résultats
d’analyses biologiques. Mais d’autre part, les biologistes étaient encore trop souvent considérés
comme de simples prestataires techniques. Il est vrai qu’ils étaient jusqu’ici toujours liés par la
prescription des médecins alors même que ces derniers sont de moins en moins en capacité à
suivre les évolutions en la matière.
La réforme de la biologie médicale veut donc en finir avec cette situation et parachever
l’arrimage à l’équipe de soins des biologistes et de leurs équipes. Au passage, elle unifie pour
la première fois la biologie médicale française, qu’elle soit privée ou hospitalière. La première
était régie par la loi de 1975, la seconde n’avait jusqu’ici aucun cadre légal spécifique.
L’ordonnance de 2010 leur donne une unité de définition, de statut, de positionnement dans
l’équipe de soins. Elle leur donne aussi les mêmes obligations dont la principale est d’être
accrédité selon la norme NF ISO 15189 d’ici 2016. Au passage, les biologistes récupèrent le
droit de modifier et d’adapter la prescription pour l’adapter aux besoins du patient en fonction
de ses données cliniques. Jean-Gérard Gobert, président de la FNSPBHU, fort de ces évolutions,
incite ses confrères à se positionner comme les experts en biologie médicale de l’équipe de
soins, à l’image de ce que sont les radiologues pour l’imagerie médicale. La place des
biologistes est donc pleinement reconnue auprès des médecins, mais aussi des patients. De
plus, ils pourront d’ici peu se prévaloir de l’avantage unique à ce jour de pouvoir s’appuyer sur un plateau technique certifié. Une première en France, mais aussi en Europe parmi les professionnels de santé.
Des résultats inverses aux objectifs de médicalisation
Pourtant, le bonheur est loin d’être total. Car la réforme se heurte déjà aux restructurations de
l’hôpital public. Les témoignages de ce qui est aujourd’hui conçu et mis en oeuvre par certaines
directions d’hôpitaux témoignent selon les participants d’une méconnaissance totale de la
biologie médicale et de ses contraintes métier, que ce soit sur le plan de la pertinence
médicale ou des processus de l’analyse. Tous les hôpitaux ont en effet entrepris de
restructurer leur biologie médicale autour d’un plateau technique unique. L’objectif ? Faire des
économies, ce qui est légitime. Mais les intervenants au colloque, qu’ils soient de l’AP-HP, en
cours de restructuration, ou d’autres groupes hospitaliers déjà restructurés, comme les
Hospices civils de Lyon, ont démontré par l’exemple combien il était important que ces
évolutions se fassent en partant du projet médical.
Ne pas tenir compte des besoins en termes de biologie d’urgence, de biologie spécialisée, de
dialogue avec les équipes de soins… peut aboutir à des pertes de chances pour les patients, et
des résultats à l’exact inverse du but poursuivi par la réforme de la biologie médicale. Les
biologistes regroupés sur le plateau technique central se retrouvent de fait coupés des équipes
soignantes exerçant sur les sites satellites. Plus prosaïquement encore, certaines
restructurations qui s’accompagnent de diminutions de budget et de personnel placent leurs
laboratoires en danger vis-à-vis de l’obligation de certification qui va demander des moyens en
temps-homme comme des moyens financiers. Cette difficulté prévisible de passer avec succès
l’étape de la certification est même analysée par les plus pessimistes comme une opportunité
pour certaines directions de sous-traiter à terme la biologie auprès de laboratoires privés ou
d’autres établissements. La vision d’un biologiste pleinement intégré à l’équipe de soin relève
dans ce cas du voeu pieux. La FNSPBHU se dit toujours bien disposée vis-à-vis de la réforme
de la biologie, mais aussi extrêmement vigilante concernant l’évolution des laboratoires dans
les établissements. Constructive oui, dindon de la farce, non, en somme."
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Posté le 04 juin 2010 à 15:50:11 CEST par dm |
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